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Marc KAZMIERCZAK
7 juin 2021
Quand le Maître vient...

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Quand le Maître vient...

Poursuivez ici selon votre inspiration...

18/1/2021 et 7/6/2021

…Que je tombe ou dérape, ou que je réussisse éphémèrement, je laisserai cette joie vitale me guider sur ce chemin sans fin…

Quand le Maitre vient

Quand j’ai voulu rencontrer maitre So Cho Kun en juillet 2015, juste après l’obtention laborieuse du diplôme de professeur en Qi Gong chez le Dr Réquéna, c’était pour poursuivre le rêve secret de pratiquer le Xing Yi Chuan, une boxe interne beaucoup moins connue que le Taichi, deux formes que j’avais eu l’occasion d’approcher auprès de diverses sources pendant plus d’une dizaine d’années sans pourtant étancher ma soif.

Était-ce un rêve réaliste que de pouvoir commencer à 60 ans cet apprentissage traditionnel si exigeant ? Ce doute m’obsède et me limite depuis le début. Tout en me rapprochant du Maitre, j’ai donc simultanément mis le plus de distance possible avec lui. Je peux être très fort dans les stratégies de fuite :

• Est-il d’une tradition martiale ? Je lui ai donc demandé de ne pratiquer que pour la santé.

• Est-il un des très rares transmetteurs traditionnels en Xing Yi Chuan en Europe? Je lui ai donc dit que c’était trop dur pour l’état de mes articulations et ai lorgné sur le Tai Chi

• Ne déclare-t-il pas que « l’énergie n’a pas d’âge « ? j’ai donc immédiatement cherché à recruter des personnes plus jeunes que moi, capables de progresser mieux que moi pour à l’avenir entrainer un petit groupe sur Clermont.

Toute cette armée de « mois » ont beau avoir fait consciencieusement leur travail de gros menteurs, S.C.K. les a arnaqué en douceur un par un.

Celui qui écrit , 6 ans après, fait donc en définitive du taichi qui ressue le Hsing Hi, s’occupe activement de l’entrainement à Clermont, et essaie de comprendre le côté martial interne, tout en travaillant à ses limites physiques. Peu importe le modeste niveau atteint, l’auteur ne peut plus faire machine arrière, car cet art lui est source vivante et inépuisable pour le corps, les énergies et la conscience. Bref, ferré comme un petit poisson….

Quand le petit maitre vient

Par ailleurs, l’année 2020 a été particulièrement intense et éprouvante du début à sa fin. J’avoue ne pas me souvenir exactement des détails… Le COVID a réussi à nous imposer à l’échelon mondial un plan magistral de réductions des pollutions et de la consommation. La COVID a posé la question de ce qui reste essentiel, et ce sera le dénominateur commun des défis collectifs et individuels posés à nos promesses de reclus pour les années 20 à venir.

Mais dans les derniers mois de l’année du rat, il convient de laisser le puissant Roi Métal finir de dévorer souverainement ce qui lui a échappé de nos illusions, incapacités et faiblesses.

C’est donc un mal-être étrange qui s’est installé dans une de mes jambes.

Rien de nouveau, à 65 ans, ce ne sont pas les faiblesses récurrentes qui manquent, mais là une incapacité originale, un patchwork de plusieurs limitations qui s’affirment de façon coordonnée en me faisant arrêter Qi Gong et Taichi, juste après la fin des cours de décembre.

Bref, les grands moyens que le corps déploie quand il veut en finir avec son cavalier inconstant et peu respectueux de sa monture, quitte à se sacrifier en partie.

C’est dans cet état de vacillement animal annonciateur de mort, que se profilait le 3ème anniversaire du petit-fils M…pour fin décembre. M… a juste 3 ans et est fort de 3 mois de maternelle. (L’auteur et son petit-fils ont un prénom qui commence par M…)

Comme on l’a vu, l’auteur M… est assez habile à utiliser ses faiblesses pour échapper aux diverses injonctions qui blessent sa petite liberté personnelle. Ne bougeant plus, il est difficile de le repérer, confondu avec le fauteuil et camouflé par une couverture. Son état délabré lui procurera suffisamment de tranquillité, jusqu’à ce qu’il soit dénoncé par la chienne, cette ingrate qu’il nourrit 2 fois par jour. Sa femme, sa fille, son beau-fils font alors bloc pour lui intimer le rappel de sa responsabilité de grand-père à s’occuper de son petit-fils qu’il ne voit que trop rarement.

Bientôt enfermés tous les deux dans la salle des je jeux, l’un des 2 M… doit forcément prendre l’initiative. Sans coup férir, celui qui a le plus d’expérience évalue immédiatement la gravité de la situation. M.. a tout de suite vu que M… ne connaissait que très approximativement les usages liés au jeu, à l’expression de la joie de vivre, qu’on enseigne pourtant dès les premiers mois de la maternelle.

Le petit M… planifie donc immédiatement un parcours de mise à niveau :

- L’art du coloriage. Bêtement, l’auteur essaie de reprendre la main un proposant de mettre en couleur les dessins en suivant exactement les contours des formes. Triste erreur que le petit M corrige avec bienveillance : surtout déborder largement ce cadre figé qui ne correspond à aucune réalité vivante.

- L’art de la construction des LEGOS : A nouveau l’auteur, qui croie qu’une chose qu’on construit avec logique et passion peut-être éternelle, veut encore le prouver. A nouveau le petit M…, d’un coup bien placé, corrige avec beaucoup de douceur cette illusion en rendant au chaos primordial cette construction de L’Ego.

- L’art de l’échange

Mais la porte s’ouvre, pour laisser apparaitre une maman inquiète de la situation. Le papy s’occupe-t-il bien de son petit-fils ? Le petit Martin renvoie sa maman à ses foyers : « Tu n’as pas le droit d’entrer, je m’occupe de Papy ». L’auteur avait-il besoin de ça pour perdre le peu de crédibilité qu’il pensait avoir de sa fille ? N’y-a-t-il plus de respect pour l’âge ?

Vient alors en final le jeu du ballon, jeu d’échange par excellence : l’auteur blêmit avec sa jambe en carton. Au bout de quelques passes maladroites mais spontanées du petit Martin, il s’aperçoit de son retard de déplacement à chaque échange.

Il est temps de reprendre le leadership. Ni vu ni connu, l’auteur fait usage d’un savoir-être interne appris auprès du maitre So Cho Kun, permettant d’activer la vigilance comme un animal aux abois sait le faire. La réactivité est là : pas de retard, au bon moment et au bon endroit pour récupérer le ballon. Enfin un avantage compétitif sur le petit Martin

Mais ça ne dure pas longtemps. Le petit Martin s’arrête car il a remarqué le changement dû au discret positionnement d’ouverture qui unifie le corps et l’esprit. 3 secondes d’observation complète et il imite parfaitement son papy. Comme ce mouvement active l’énergie globalement, le jeu devient de plus en plus effréné.

Et que le petit Martin se jette sur le ballon, qu’il tombe ou dérape, ou réussit à frapper tout explose d’une joie qu’il recharge sans cesse avec ce mouvement subtil...

Pourtant, restant quasiment sur place, l’auteur ressent d’un coup dans son corps la même chaleur que s’il était en train de se rouler par terre comme son petit-fils.

Mais alors, comment faire la différence entre M et M ? Qui est qui, si on est ainsi relié en harmonie ?

Quand le maitre So Cho Kun redit inlassablement qu’on doit être en réceptivité pour comprendre de l’intérieur les mouvements internes qu’il montre, l’auteur a du mal à comprendre comment faire. Plus de méditation peut-être ? Ou refaire mille fois le même mouvement ? C’est peut-être aussi simple que ces méthodes en mode fake news…

Par un jeu habile, l’auteur a cherché à fatiguer son petit-fils en le laissant chercher le ballon là où il atterrit. Sans succès ! et 4 heures plus tard, vers minuit seule sa femme Cécile, professeur expérimentée en QI Gong Santé et élève également de So Cho Kun, finira par endormir le petit M en lui apprenant à respirer par les pieds, pour faire descendre le niveau énergétique. « Mamy m’a soufflé dans les pieds » observe-t-il avec détachement à son réveil. Quant à moi, Cécile me souffla dans les bronches pour avoir inconsidérément élevé l’énergie du petit fils sans pense aux conséquences. Martin me dira plus tard avec assurance que je n’ai pas le droit de faire cette activation, et que seule sa maman peut le faire. On ne s’amuse pas avec les énergies vitales, les enfants le savent d’origine.

Quand l’élève tombe et dérape

Le Maitre ne fait pas le travail de l’élève. C’est à ce dernier à trouver une solution.

Les douleurs ont suivi leur chemin pour s’amplifier avant la reprise de janvier. Si fort que j’ai mis une croix sur la possibilité de reprendre le taichi. N’avais-je pas rempli ma mission de former un petit groupe d’étude sur Clermont ? Mon âge et mon incapacité n’étaient-elles point preuves de mon innocence ?

J’ai décidé d’une cure d’orties, puissant diurétique qui me semblait adéquat aux symptômes généraux que je relevais. 2 jours, 2 litres d’eau et 2 cuillères à soupe d’orties séchées ont suffi pour craquer et hacker l’équilibre du corps. Le dernier jour, j’ai mangé les feuilles après l’infusion.

Est arrivée alors la nuit où je tremblais de froid en me vidant périodiquement de mon eau. Qu’allait-il arriver ? J’avais l’impression de mourir en me vidant de mon énergie. Mon corps se refroidissait comme si c’était une hémorragie et pourtant il n’y avait que de l’eau qui partait par voie naturelle. Dans ma lutte vitale, j’explorai toutes les causes possibles, internes et externes, mais de cela, je n’en parlerai pas.

Le 3ème jour ma jambe me revenait plus agile, puis je repris l’entrainement pour constater une nouvelle liberté qui rendait à nouveau possible une progression. Un changement d’état mesurable objectivement, dans le corps avec 1 kg de moins, et des articulations fonctionnelles, et dans l’esprit par un détachement.

Qui a dit que le QI Gong et le Taichi ne procurait que du bonheur ? Qui a dit que la liberté et l’épanouissement naturel du corps et de l’esprit passait par du bonheur en permanence ?

Il faut s’attendre au cycle naturel de la mort et de la renaissance. A ce prix, le voyageur change sans cesse sur le chemin, laissant à chaque fois un peu de ses illusions et dépendances comme des vêtements usés. Même si de l’extérieur le voyageur ne fait qu’un pas malhabile, cela le change irréversiblement en profondeur.

A la reprise, le Maitre nous a remontré en visio le puissant coup de poing qui ne cogne pas, un mystère si éloigné du sens commun qui donne sinon avantage à la force « barbare ».

A un moment, j’ai ressenti cet « élan spontané et agile » et cela a fonctionné sans force.

Encadré par le petit Martin et par le Maitre, je n’ai aucune excuse devant ces êtres compatissants.

Quand j’aurai 3 ans, je ferai du Taichi.

… Que je tombe ou dérape, ou que je réussisse éphémèrement, je laisserai cette joie vitale me guider tout au long de ce chemin sans fin…

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